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George l’escargot, le dernier de son espèce s’éteint

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George l’escargot, le dernier de son espèce s’éteint

George l'escargot

Après plus de 14 ans de vie en captivité, George l’escargot, la dernière espèce d’escargot arboricole, Achatinellaapexfulva, meurt et raye ainsi cette famille de la liste des mollusques terrestres répertoriés jusqu’à ce jour.

 

Son histoire, sa vie

George l’escargot, de la famille des Achatinellaapexfulva, est une espèce arboricole provenant d’Hawaï. Sentant cette espèce de plus en plus menacée, les chercheurs locaux ont décidé de mettre les derniers rescapés en captivité, notamment une poignée de jeunes descendants afin de les faire reproduire et d’augmenter à nouveau la population de cette espèce. Malheureusement, la quasi-totalité des spécimens meurt, sauf George l’escargot, qui va être leur dernier représentant.

Bien que l’escargot soit un animal hermaphrodite, George l’escargot ne pouvait pas donner de nouvelles descendances faute de partenaire pour s’accoupler, ce qui scella complètement le sort de cette espèce endémique d’Hawaï.

De son vivant, George l’escargot était de nature timide, solitaire, la plupart du temps renfermé dans sa carapace, laissant rarement les visiteurs découvrir la petite célébrité se cachant sous cette coquille. Bien que son espace naturel soit le milieu forestier avec la dense verdure et humide d’Hawaï, il n’a jamais réellement connu la vie dans une forêt, vivant toujours sous l’œil protecteur des scientifiques durant son existence.

Après une longue et solitaire vie de 14 ans, ce qui est rarement atteint chez les gastéropodes, George l’escargot meurt en Janvier 2019 de manière naturelle et laisse définitivement s’éteindre sa lignée. Véritable symbole dans le domaine de la conservation des espèces en voie de distinction, George l’escargot aura laissé son empreinte et son histoire dans la zoologie et la botanique américaine. Un échantillon de ses gênes a d’ailleurs été soigneusement prélevé par les scientifiques en vue d’un possible clonage dans les années à venir et de faire revivre cette espèce jusqu’ici éteinte.

 

Origines de l’Achatinellaapexfulva à Hawaï

D’après les recherches menées par les scientifiques, l’Achatinellaapexfulva, espèce à laquelle appartient George l’escargot, ne serait pas apparue sur l’archipel d’Hawaï, mais importé il y a de cela de nombreux siècles.

La première hypothèse vient du fait qu’un escargot ancestral, de plus petite taille, aurait voyagé à dos d’oiseau (de manière littérale) et aurait atterri sur l’archipel et commencé à proliférer. D’autres hypothèses toutes aussi originales, mais plausibles les unes que les autres supposent qu’il aurait voyagé sur des débris (bout de bois) et aurait traversé tout le pacifique ou l’atlantique jusqu’à atteindre les côtes hawaïennes.

Ne possédant pas de prédateur naturel, l’espèce s’est très vite propagée dans toute l’île. Au 19e siècle, des rapports auraient même indiqué qu’il était possible d’en ramasser jusqu’à 10 000 en une journée, tellement ils étaient nombreux.

Toutefois, l’Achatinellaapexfulva se montrait très utile pour l’écologie locale en accélérant la décomposition des végétaux. Espèce arboricole, elle se nourrit généralement des moisissures, de champignons et de bactéries présents sur les feuilles des arbres.

La beauté de sa carapace arborant une couleur jaune entrecoupée de noir rend l’Achatinellaapexfulva particulièrement agréable à regarder surtout lorsqu’il est accroché aux arbres. D’ailleurs, de nombreux touristes étrangers en collectionnaient juste pour contempler cette harmonie de couleur mélangée à la belle pointe en spirale de la carapace.

 

Causes de sa disparition

Les causes en relation avec la disparition complète de l’Achatinellaapexfulva sont nombreuses et ce, malgré elle. N’étant une en soi nuisible pour l’Homme et son environnement, il n’y avait aucune réelle raison d’éradiquer cette belle espèce d’escargot.

La première cause vient du fait qu’elle était très prisée par les touristes et les collectionneurs des quatre coins du monde. Les gens, certes, ne prenaient qu’une infime quantité, mais le nombre de plus en plus croissant de visiteurs durant le 20e siècle n’a fait qu’aggraver la situation.

Comme illustration, il existait plus de 750 variétés d’escargots terrestres hawaïens avant le 18e siècle. La majeure partie avait déjà été décimée au début du 20e siècle. Le cas est pratiquement le même pour la grande famille des Achatinellidae qui est aujourd’hui éteinte à plus de 90 % de sa totalité.

La seconde et principale cause vient de l’introduction de prédateurs pour limiter la prolifération des escargots. Une variété de gastéropodes s’attaque aux plantations, détruisant les récoltes des agriculteurs. Pour pallier à ce problème, les biologistes locaux ont importé une espèce particulière d’escargot, l’Euglandina Rosea originaire du sud des Etats-Unis.

Cette espèce est connue être carnivore, à un tel point qu’elle s’attaque même aux autres escargots. Malheureusement, elle ne fait aucune distinction entre les variétés nuisibles et les Achatinellaapexfulva, ce qui entraina sa disparition en quasiment un demi-siècle.

Enfin, les Achatinellaapexfulva ont perdu leur habitation naturelle suite à la déforestation qui se fait de plus en plus ressentir en Hawaï, les rats se sont introduits sur le territoire à cause de l’affluence de plus en plus fréquente des bateaux, ainsi que l’apparition du caméléon de Jackson. Les deux animaux se nourrissent également de mollusques et de gastéropodes.

 

Conclusion

Durant ses quatorze années de vie, George l’escargot a émerveillé petits et grands lors des visites effectuées par les touristes. Il ne reste plus qu’à espérer que ses gênes seront réellement utiles dans le futur pour ressusciter cette belle espèce à la fois inoffensive et utile.

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