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Faire ses courses en bitcoin, le nouveau pari d’Ingenico

Technologie

Faire ses courses en bitcoin, le nouveau pari d’Ingenico

Alors que pour le moment cette solution de paiement n’est pas encore autorisée pour les Européens, en Asie, il y a plusieurs mois déjà qu’il est possible de faire ses courses en bitcoin dans un supermarché. Ce phénomène va d’ailleurs croissant, puisqu’il y a quelques jours seulement, Ingenico a annoncé la signature d’un partenariat avec la fintech Singapourienne Pundi X. Singapour et l’Indonésie sont pour l’instant les pays dans lesquels le groupe français a installé des terminaux pour accepter les paiements en bitcoin, mais aussi en ethereum, bref en monnaie 2.0. Il s’agit du choix de l’opportunité, selon le responsable innovation de l’entreprise française Michel Léger, pour qui « les cryptomonnaies se développent, et c’est normal pour nous d’être présents sur le créneau ».

Un terminal et une application pour garantir le paiement

Après Verifone, qui est déjà en partenariat avec la fintech Pundi X, c’est au tour d’Ingenico. Après l’annonce mardi dernier de ce contrat, le mastodonte français des solutions de paiement a fait installer chez ses clients des terminaux leur permettant d’encaisser les achats des clients en magasin. Ceci est rendu possible grâce l’application de Pundi X. En effet, elle permet aux terminaux installés par Ingenico d’autoriser les paiements en cryptomonnaie, grâce à des QR codes.

Dans cette transaction, le terminal de paiement d’Ingenico sert uniquement d’interface entre le commerçant et le client. Quant à Pundi X, l’application doit assurer la conversion de la monnaie fiduciaire vers la cryptomonnaie, de même qu’elle doit assumer les risques liés à cette opération de change. Tout compte fait, le terminal de paiement applique le taux de change de façon automatique.

Photo de rippleLes boîtiers compatibles avec le paiement en cryptomonnaie

Si de nombreux clients d’Ingenico à travers le monde, notamment en Asie, peuvent s’estimer heureux depuis l’annonce de cette nouvelle, malheureusement tous n’en profiteront pas encore. Pour le moment, uniquement 4 millions de boîtiers d’Ingenico sont compatibles avec l’application de Pundi X. Les terminaux concernés par les paiements en cryptomonnaie sont ceux du modèle APOS A8. Pour l’instant, il n’y en a que 4 millions dans le monde, dispersés dans environ 10 pays dont la Russie, le Brésil, Singapour et l’Indonésie.

L’idée d’une expansion de cette solution de paiement en cryptomonnaie après l’avoir installé dans ces deux pays de l’Asie du Sud-est est bien sûr envisagée. D’ailleurs, Michel Léger, qui assure la responsabilité de l’Innovation chez Ingenico, ne la cache pas. Au contraire, il envisage bientôt de se situer dans tous les autres marchés où les terminaux APOS A8 sont disponibles. Mais ce service sera étendu « au fur et à mesure sur les marchés où les terminaux APOS A8 sont utilisés », le marché européen semble ne pas encore rentrer dans ce projet d’expansion. Et pour cause, explique Michel Léger, « la carte bancaire est encore très présente en Europe, mais on ne s’interdit rien. Nous verrons comment les choses évoluent ». Autant dire que les consommateurs européens devront encore attendre leur tour avant d’espérer payer leurs courses en grande surface avec des bitcoins.

Un pari réussi pour Ingenico ?

Tout le monde se rappelle sans doute qu’Ingenico n’est pas à son coup d’essai. Un coup d’essai qui malheureusement n’avait pas été un coup de maître, mais un véritable échec. En effet, en 2015, le groupe français avait signé un partenariat similaire avec Bitpay (américain) et Paymium (français). L’offre était la même : d’un côté des terminaux de paiement, de l’autre, des applications. Malheureusement, les commerçants ne se sont pas montrés intéressés par cette proposition commerciale. Par conséquent, le projet a été un échec. Une tentative manquée qui formule aujourd’hui sur toutes les lèvres une question cruciale : Ingenico réussira-t-il en Asie ?

À cette question, certains spécialistes des questions de cryptomonnaie semblent plus optimistes. C’est le cas par exemple de Michel Khazzaka, qui assure chez Azzana Consulting la fonction de responsable Blockchain&Payments Innovation. Si celui-ci croît en un avenir plus radieux pour Ingenico, c’est parce que, dit-il, « le marché a beaucoup évolué ces dernières années » et, ajoute-t-il, « le cas d’usage le plus répandu de la blockchain, ce sont les cryptomonnaies. Et tous les acteurs commencent à s’y intéresser ». Si de plus en plus de personnes affichent un tel intérêt pour la cryptomonnaie, il n’y a pas de doute selon lui. Ingénico tirera son épingle du jeu.

L’Asie, un choix stratégique pour Ingenico ?

Conscient du développement de la cryptomonnaie dans les années à venir, Ingenico s’est installé prioritairement en Asie. Ce marché est en « pleine croissance en Asie », comme le souligne Michel Léger lui-même. Singapour et l’Indonésie ne sont donc pas des pays choisis à tout hasard. C’est en raison de l’excellent rapport qu’ils entretiennent déjà avec la cryptomonnaie comme bien d’autres pays asiatiques, dont la Chine particulièrement. Il s’agit pour Ingenico d’asseoir dans ces pays sa notoriété, afin de la construire avant de conquérir un marché mondial qui va nécessairement adopter la cryptomonnaie. Pour Azzana Consulting, même si pour l’instant les paiements en cryptomonnaie ne représentent que 2% des paiements via des terminaux mobiles, il garde espoir que les choses s’améliorent très vite. Un espoir qu’un autre spécialiste de la cryptomonnaie fonde principalement sur « l’arrivée de nouvelles crypto grand public comme la Libra de Facebook ».

Azzana Consulting affirme en tout cas que des 1000 milliards de dollars de revenus de paiements via les terminaux mobiles, ceux de la crypto seront plus importants. On espère donc qu’Ingenico, à défaut se tailler la part du lion après une expérience manquée en 2015, occupera la place que lui confère son statut de « géant français » des solutions de paiement mobile. On espère aussi que les consommateurs européens ne seront pas les orphelins de cette solution de paiement dont l’annonce avait pourtant été faite en septembre 2019. Elle devrait être opérationnelle en 2020 dans plusieurs grandes enseignes.

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